Jouet et cosmétique jeunesse

Le PLA casse là où l'ABS aurait fléchi

Acide polylactique, lignine, choc entaillé : un biopolymère de jouet se juge à la chute et à l'EN 71-3. La feuille verte ne tient pas l'arête.

Par Marc Oberst · 2026-11-19

La pièce injectée a l'air calme. Sur le carrelage, elle dit si elle casse net.

La pièce injectée a l'air calme. Sur le carrelage, elle dit si elle casse net. Crédit photo: Unsplash. Licence commerciale Unsplash.

Au Spielwarenfachhandel, le vert feuille est sur des cartons dont le contenu peut encore casser comme une branche sèche. La brique est mate, joliment moulée, et personne Chez le fournisseur ne la laisse tomber. L’acide polylactique, PLA, et les blends avec lignine ou amidon ne remplacent l’ABS en injection que si la résistance au choc est modifiée. Le PLA non modifié se situe souvent, en résilience au choc entaillé, à quelques kilojoules par mètre carré. Les grades d’ABS qui ont tenu longtemps dans le jouet sont fréquemment un multiple au-dessus.

L’écart n’est pas un goût de laboratoire. C’est la question de savoir si une brique, après une chute sur le carrelage, a une arête de rupture coupante. Les acheteurs vérifient l’EN 71-3 sur tout le mélange, pigment et cendre compris. Le pictogramme sur la boîte n’est pas un essai. Biosourcé n’est pas non plus la même chose que compostable, et compostable n’est pas un critère de qualité pour un objet qui doit tenir une saison dans une chambre d’enfant. La chambre n’est pas un composteur. Elle est un sol dur.

Là où le PLA casse net

Le PLA est un polyester d’acide lactique. Sa température de transition vitreuse se situe autour de 55 à 60 degrés. Au-dessus, la pièce ramollit. Une brique sur la plage arrière en été est donc un problème de forme, pas de marque. En dessous de cette température, le PLA non modifié est fragile. La rupture est vitreuse. L’EN 71-1 s’intéresse exactement à cela : après chute et après un mauvais usage prévisible, il ne doit pas apparaître d’arêtes vives ni d’éclats dangereux. Une matière qui éclate joliment échoue à cet endroit, avant même que la feuille de durabilité soit ouverte. L’éclat sur le carrelage est plus parlant que le pictogramme.

Dans le fourreau s’ajoute une deuxième faiblesse. Le PLA doit entrer sec dans la transformation. L’humidité coupe la chaîne, la masse molaire tombe, la résilience déjà courte tombe avec elle. Une pièce de salon injectée depuis un sac ouvert ne prouve rien sur la série. L’achat demande le séchage, l’humidité résiduelle exigée par le fournisseur de matière, et un chiffre de choc de la charge injectée, pas de la fiche matière d’avant le compoundage. La fiche d’avant est optimiste. La charge injectée a vu l’humidité du hall.

Les blends d’amidon prennent en plus de l’eau à l’usage. Une pièce qui, après un été humide, bouge en cote ou colle en surface a perdu la forme dont le jeu a besoin. La spécification nomme donc le conditionnement et la valeur en sortie de presse. Sans ces deux lignes, la brique de septembre n’est plus celle de juin.

La lignine rigidifie, elle ne tient pas le choc

La lignine est le reste aromatique de la plante, sombre, souvent odorante, bon marché comme charge et biosourcée. Dans le PLA ou dans l’amidon, elle augmente souvent la rigidité et baisse l’allongement. C’est le contraire d’une modification choc. Qui vend la lignine comme substitut de fibre naturelle sans nommer un modificateur choc et un agent de compatibilité vend un corps plus fragile avec une meilleure histoire. L’histoire sent le végétal. La rupture, elle, est sèche.

Les modificateurs qui lèvent vraiment la résilience entaillée sont souvent encore fossiles, types acrylate ou certains copolyesters. Dès qu’ils sont dans la recette, la part de carbone biosourcé baisse. Elle se mesure par le radiocarbone, en pratique selon ASTM D6866 ou une méthode équivalente, sur la charge injectée. Un claim de 100 pour cent biosourcé à côté d’un modificateur fossile est une question de calcul, à laquelle la fiche répond en pourcentage, pas la feuille sur le carton. Le carton a déjà été imprimé. Le pourcentage, parfois, non.

L’odeur de la lignine est un motif de refus à part. Un jouet qui sent le procédé ne passe pas l’usage, même si la mécanique tient. L’odeur entre dans la libération, à côté de la couleur, qui chez la lignine tire vers le sombre et rend la teinte plus chère, pas moins chère. Le sombre peut être beau. Il ne doit pas sentir l’usine dans la chambre.

La lignine est une charge. La résistance au choc vient du modificateur, et le modificateur est dans la recette.

Pots d'une gamme de soin sur fond neutre.
L’objet fini a l’air simple. Le compound, pigment compris, est ce que l’essai touche. Source: Unsplash.

L’EN 71-3 voit le pigment, pas la brochure

L’EN 71-3 mesure la migration d’éléments depuis la matière du jouet, dans des catégories qui vont du déformable sec au liquide jusqu’à la matière grattée. On teste ce que l’enfant touche, pas le polymère pur de la brochure. Pigment, masterbatch, cendre de lignine, restes de catalyseur : tout ce qui apporte aluminium, antimoine, arsenic, plomb, chrome, cadmium, étain ou les autres éléments listés entre dans le même essai. Une coloration verte qui tire son chrome d’un lot bon marché fait sauter la limite, alors que le PLA d’à côté était discret. Le vert feuille du marketing et le vert du pigment ne sont pas le même vert. L’un est une encre. L’autre migre.

L’EN 13432 décrit le compostage industriel des emballages. Ce n’est pas une norme de résistance au choc d’un jouet, ni un blanc-seing pour qu’une pièce disparaisse dans la chambre. Un objet qui se délite dans les conditions d’usage est un jouet raté, qui produit en plus des éclats. Durabilité et compostabilité tirent dans des sens opposés. Le commerce choisit la durabilité et le dit ainsi. Dire les deux sur la même face de carton, c’est demander à la pièce de tenir et de disparaître.

Sur la boîte, deux phrases restent séparées. D’abord la part biosourcée de la charge en pourcentage. Ensuite l’EN 71-1 réussie après choc et l’EN 71-3 réussie sur le compound teinté. Un vert feuille ne remplace aucune des deux. Il décore. La chute, elle, ne décore pas.

Ce que l’injection doit montrer

Le Spielwarenfachhandel 2027 montrera plus de briques en PLA que 2026. Ce qui se montre, c’est l’éprouvette, pas le film. Résilience entaillée de la charge injectée contre la référence ABS que la pièce était jusqu’ici. Séchage et humidité résiduelle avant le fourreau, sinon la masse molaire tombe. Transition vitreuse nommée, pas d’usage qui voit 60 degrés dans une voiture. Part de lignine plus modificateur plus agent de compatibilité, carbone biosourcé de la charge mesuré. EN 71-1 après chute sans éclats coupants, EN 71-3 sur tout le compound, pigment compris. Pas de logo EN 13432 comme preuve de qualité d’un jouet. Ces lignes tiennent à côté de l’éprouvette. Le film, lui, peut rester dans la poche.

Un blend qui porte ces lignes peut remplacer l’ABS dans une pièce définie. Un blend qui ne porte que la feuille remplace le film. La rupture sur le carrelage reste la même. L’atelier qui injecte la pièce pose la résilience de la charge à côté de celle de l’ABS précédent. Si elle est nettement en dessous, la pièce reste en ABS, même si le carton est déjà imprimé. Un échantillon de salon issu d’un seul tir soigneusement séché n’est pas une preuve de série. L’achat emporte le rapport de la charge qui va vraiment dans la caisse. Sans ce chiffre, le vert feuille sur le carton n’est que de l’encre. L’encre sèche. L’arête, sur le carrelage, non.